lundi 14 juin 2010

Les contes de fées

Cette année, Louboutin met en avant les contes qui ont bercé notre enfance, grâce à une collaboration plutôt réussie avec la photographe Khuong Nguyen.La campagne revisite entre autres Cendrillon et sa chaussure de verre, la Petite Sirène et ses merveilles marines.



D'ailleurs, comme vu dans un précédent article, le Danemark met aussi ce dernier mythe sur un piédestal pour son cube de l'Exposition Universelle.
Dans un registre plus animalier, Castelbajac, quant à lui, s'inspire de Bambi, qu'il décline en robes, tuniques, et autres escarpins. Ces derniers sont d'ailleurs à se damner!


La danse non plus, n'est pas en reste dans le domaine du mélange mode et contes de fées. En effet, pour sa mise en scène chorégraphiée de Blanche Neige, Angelin Preljocaj fait appel au grand Jean-Paul Gaultier pour habiller ses danseurs! Mention spéciale au costume de la reine démoniaque, ultra sexy moulée dans sa robe échancrée noire et rouge.
Enfin... assez parlé de chiffons! Rassurez-vous, je ne suis pas une énième pâle copie de Garance Doré et autres fashion blogueuses.Cet intermède achevé, je vous propose de parler de tous ces contes de fées, et du message que l'on veut leur attribuer. Barbie, Warner Bros et Disney tentent de nous faire avaler que la vie est facile, qu'à chaque fille correspond un prince charmant, j'en passe et des meilleures. Mais est-ce vraiment cela que voulaient exprimer les Frères Grimm ou Hans Christian Andersen? Prenons l'exemple de ce dernier, que j'affectionne particulièrement. Sa version de la petite sirène est d'une beauté Baudelairienne. Une jeune femme renonce à sa vie pour celui qu'elle aime, mais qu'elle sait inaccessible. Après avoir tout tenté pour le conquérir, elle réalise que cela est impossible, et se change en écume. Un message d'espoir? Pas vraiment non... rien à voir avec la fin de Disney (Ariel obtient la bénédiction de son père et se marie avec Eric, et ils vécurent heureux et blablabla). Quant à la petite fille aux allumettes, c'est l'histoire d'une jeune fille qui se laisse mourir de froid. Un conte à rameuter toute la troupe des enfoirés à la rescousse en somme!
Et la belle au bois dormant? et Cendrillon? de belles histoires sur l'amour véritable? hum... selon "La Psychanalyse des Contes" de Bruno Bettelheim, il ne s'agirait ni plus ni moins que de la symbolique de la perte de la virginité. Les ronces et le siècle symbolisent l'attente de la jeune adolescente avant de passer à l'acte. La pantoufle de verre, quant à elle, désignerait "un soulier qui ne s’étire pas, sinon il pourrait convenir à d’autres jeunes filles, les demi-sœurs, par exemple. Ce n’est sans doute pas par hasard que Perrault a choisi des pantoufles de verre… Un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin." Ces deux fables sont en réalité des cours d'éducation sexuelle!

Quittons la culture Générale pour la culture Glandage. Aujourd'hui, en regardant Greek, une série que j'aime beaucoup, je fus frappée par la réflexion de Rebecca, l'un des personnages, au sujet de la belle au bois dormant: "Ce n'est que l'histoire d'une fille violée dans son sommeil et tombant enceinte". Et si les morales avec lesquelles on nous bassinait pendant l'enfance n'étaient que des mensonges démagogiques? Des utopies censées nous apprendre l'espérance et nous protéger de la désillusion? Après tout, ne dit-on pas que l'espoir fait vivre? Ainsi, il appartient à chacun de choisir d'entonner "un jour, mon prince viendra, un jour il m'emmènera" avec Blanche-Neige, ou "Cendrillon pour ses trente ans, est la plus triste des mamans, le prince charmant a foutu le camp avec la belle au bois dormant" avec Telephone.

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