dimanche 23 mai 2010

Expo universelle 2010 Shanghai

Cette année, la fameuse exposition,à l'origine de la création de chefs d'oeuvres et monuments nationaux tels la Tour Eiffel, a lieu, du 1 mai au 31 octobre, dans une des villes les plus en expansion : Shanghai. Le thème, voulant concilier prouesses artistiques et environnementales, se révèle captivant: ''Meilleure ville, meilleure vie''. Tout un programme en perspective! Ainsi, les pays participants devront édifier des constructions respectant l'environnement et les contraintes du développement durable, tout en reflétant la culture qui les caractérise, et en faisant preuve d'imagination et d'originalité. La tâche semble difficile, mais promet l'avènement de nombreuses techniques architecturales conciliant art et soucis environnementaux. La France a choisi de miser sur un voyage sensoriel dans une ''ville sensuelle'', sous l'égide de l'architecte Jacques Ferrier. Ce pavillon ''s'organise autour d'un jardin vertical enserré une résille de béton, le tout se reflétant dans un vaste bassin''. Et le voyage ne s'arrête pas là, puisque les frères Pourcel honoreront le sens du goût par leurs oeuvres culinaires. Le sens de l'ouïe ne sera pas en reste non plus, le chanteur Mathieu Chedid étant attendu pour y assurer un concert à l'occasion de la fête de la musique.
L'Allemagne, quant à elle, a pensé son pavillon autour de la thématique ''ville harmonieuse'', en présentant un complexe culturel aux lignes blanches, argentées et épurées, qui accueillera, entre autres, un opéra.
Dans un registre plus ethnique, la Namibie axe son oeuvre sur la diversité ''experiencing living diversity'', un éloge de la richesse de la faune et de la flore africaine.
Les Emirats arabes unis, quant a eux, ont décidé de se dépeindre sous les traits des dunes de sable en édifiant un dôme en forme de dune, autour de la phrase ''La dynamique du développement, le passé, le présent et le futur des Emirats Arabes Unis''.
L'un de mes coups de coeur est le pavillon nigérian. En effet, il s'articule autour du thème ''Maîtrise de la croissance urbaine et promotion du développement urbain'',et se subdivise en trois parties, que sont ''rythme de ville'', ''quintessence culturelle'' et ''vie dynamique'', montrant l'harmonie existant dans la culture nigérienne entre tradition et modernité, et présentant ce qui a enfanté la culture du pays: l'agriculture et l'élevage.
Enfin, le Danemark, contrée de Hans Christian Andersen, talentueux auteur de contes pour enfants, dont La Petite Sirène ou encore Le Briquet, fait honneur à son ressortissant en misant sur l'univers enfantin, autour de la devise ''La vie heureuse, l'eldorado féerique''. Le bâtiment se compose de deux trajectoires circulaires superposées au travers desquels défileront des légendes et contes populaires danois. Ce pavillon met l'accent sur l'aspect familial, en proposant des pistes de vélo, des endroits pour nager et barboter, et même des séances de pique-nique a base d'aliments organiques. Et, chose non négligeable, les autorités du pays ont même accepté de transférer la petite sirène du port de Copenhague en Chine pour la durée de l'exposition. Une oeuvre à surveiller de très près.
Les grandes vacances approchant à grands pas, je voulais vous montrer des pavillons sentant bon les palais orientaux, aux ambiances feutrées de mille et une nuits, et autres senteurs de safran. Malheureusement, les pavillon égyptien et marocain ne sont pas encore prêts. Mais patience! Cela ne saurait tarder!

vendredi 5 mars 2010

Man Ray








Je voulais créer cet article il y a assez longtemps à vrai dire... Mais le sujet, à force de trotter dans ma tête, s'est un peu égaré en chemin...
Né le 27 août 1890 à Philadelphie, Man Ray,
initialement du courant dada, est devenu, après avoir quitté New York pour Paris, l'un des peintres incontournables du
courant surréaliste. Mais
paradoxalement, il n'a jamais été accepté par ses pairs. En effet, préférant l'aspect ludique des expérimentations artistiques, il a toujours refusé de se plier aux rigides exigences scientifiques définies dans le Manifeste du Surréalisme d'André Breton.
Man Ray s'est distingué par l'utilisation du surréalisme dans trois optiques. La première est de montrer a quel point un léger détail peut écarter du réel ( comme c'est le cas de la transformation du dos de sa compagne Kiki de Montparnasse en violon dans
le
tableau Le violon d'Ingres), la seconde est de figer un instant de la vie quotidienne esthétiquement intéressant ( comme en témoigne la scène du jeu d'ombres et de lumières causés par un rayon de soleil sur le sein de Kiki de Montparnasse dans le film du photographe ''retour a la raison''), et, enfin, la troisième utilisation du surréalisme faite par Man Ray est de juxtaposer plusieurs ombres afin de créer une oeuvre totalement abstraite ( la rayographie du baiser).
Ainsi, on voit que Man Ray a su tirer profit du principe même du surréalisme, qui est de modifier la réalité de manière à la rendre quasi-méconnaissable, afin d'en dégager un style propre et unique.
Néammoins, la révolution Man Ray ne s'arrête pas là. En effet, il fut l'un des premiers artistes à se lancer dans le cinéma et la réalisation de long métrages, pratique qui sera par la suite tres répandue , avec des artistes-réalisateurs aussi importants qu'Andy Warhol.

Aujourd'hui encore, l'empreinte du surréalisme est très prononcée dans différents domaines de l'art tels la peinture, avec des plasticiens tels Dominique Paul, mais aussi le cinéma, avec le long métrage The Wall du groupe Pink Floyd ou encore le moyen métrage The Grandmother de l'innovant maître de la caméra David Lynch.

images: Portrait de Kiki de Montparnasse ''Le Violon d'Ingres''/Man Ray (à droite) en compagnie de Salvador Dali/extrait du film ''retour à la raison''/photographie ''Larmes''/ Portrait de Kiki de Montparnasse ''Noire et blanche''

lundi 25 janvier 2010

Faut il limiter la liberté d'expression?

En ce mois de janvier 2010, j'arrive au point de me dire que U2 aurait pu chanter january, bloody january! Pour commencer, le dessinateur Kurt Westergaard, auteur des caricatures du prophète Mahomet en 2004, est victime d'une tentative d'assassinat, et, sur le réseau facebook, les remontrances à l'encontre d'un certain groupe humoristique font parfois froid dans le dos... Donc, je me suis dit qu'une réflexion sur le sujet illustrée par l'art ne serait pas de trop!
Tout d'abord, rappelons nous à quel point la censure fut l'ennemie de la création. En effet, dans le domaine de la littérature, où cet effet est le plus constatable, le merveilleux recueil de poèmes Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire fut maintes fois soumis à la censure de l'empereur Napoléon III, et ne fut publié qu'à titre posthume.

Un siècle plus tard, le problème n'est toujours pas résolu, et Vladimir Nabokov continue à choquer l'opinion bien pensante dans son roman Lolita, où il aborde la question de la pédophilie du point de vue de l'auteur du crime.



Et dans notre société actuelle, il semblerait qu'internet ait ouvert une voie royale au renouveau des autodafés. Jugez en par vous même, un site de vente a supprimé la version électronique du livre 1984 de George Orwell de ses plateformes de téléchargement... sympathique...




Néammoins, les partisans de la limitation de la liberté d'expression trouvent pas mal d'arguments méritant d'être soulignés. D'abord, d'un point de vue légal, l'article 6 du Code civil en France dispose que nul ne peut porter atteinte aux bonnes moeurs, notion évoluant avec la société. Cet article peut être utilisé comme argument pour la limitation de la liberté d'expression si les propos tenus sont trop choquants.
Aux Etats Unis, la liberté d'expression est constitutionellement protégée par le 1e amendement, qui offre une protection absolue. Cependant, il faut souligner le fait que cet amendement est très souven baffoué, la censure sévissant de façon assez considérable dans certains états.
Ensuite, d'un point de vue plus subjectif, certaines oeuvres peuvent suggérer des pratiques que la société estime abjectes telles la pédophilie(Brooke Shields photographiée par Garry Gross)...




... ou la zoophilie(Angelina Jolie photographiée par David Lachapelle).






Mais peut-on condamner la suggestion à pures fins de provocation par l'art? certains diront que oui, d'autres penseront que la provocation est une forme d'expression comme une autre, voire même un moyen de contestation qui a largement fait ses preuves. Le débat ne sera pas fini de si tôt.
L'humour noir est également une cible privilégiée des détracteurs de la liberté d'expression, comme en atteste le procès intenté contre le magazine Charlie Hebdo pour la publication des caricatures de Mahomet réalisées par K. Westergaard.



Ces oeuvres ont fait couler beaucoup d'encre car elles tournent en dérision un sujet dont il est "tabou" de rire: la religion. Cependant, comme le soulignait l'avocat du magazine, Philippe Val, "Il s'agit d'un combat d'idées qui, en aucun cas, exprime un mépris quelconque pour une foi quelconque. On a inventé la démocratie pour qu'il y aie un débat. Lorsque la religion devient une idéologie comme une autre, elle doit pouvoir être critiquée." Ce même problème de détournement de la religion a été souligné par une campagne de publicité pour la grande enseigne Benetton photographiée par Toscani, montrant une bonne soeur embrassant un curé.


Plus "trash", la série de photographies submission de Theo Van Gogh met en scène des femmes voilées et dénudées, au dos flagellé. Cette série coûta la vie à son auteur. Mais ici, l'oeuvre peut être considérée comme repoussant les limites de la tolérance. Et au premier abord, il est fort possible de penser cela. Mais dans une seconde lecture, on peut interpréter ces oeuvres comme une dénonciation du fanatisme religieux, valable pour toutes les religions. Et la dénonciation par le choc est la plus efficace, comme en témoigne la campagne de publicité pour la marque italienne nolita, ayant pour thème la condamnation de l'anorexie, montrant Isabelle Caro nue, prise en photographie par Toscani.Mais les choses se corsent quand le but de l'artiste n'est ni la dénonciation, ni l'humour, ni la provocation. Ainsi, que penser des oeuvres du Marquis de Sade, qui a passé le plus clair de son temps en prison pour atteinte aux bonnes moeurs? Son oeuvre "La philosophie dans le boudoir" se résume à 200 pages de sexe, son roman Justine ou les infortunes de la vertu se rit su viol, et son ouvrage Les 120 jours de Sodome met en scène des actes de torture et de barbarie. Et nous savons tous que Sade pense tout ce qu'il écrit. Là, on se dit que mince... certaines positions ne sont pas défendables, pourquoi leur accorder la liberté d'expression?
Je suis d'accord, les opinions de Sade sont indéfendables... mais doit-on pour autant brûler ses livres et coller une amende à quiconque les lirait? !
Ce ne serait pas très juste envers les nombreux Hommes qui ont donné leur réputation, voire même leur vie, pour pouvoir jouir d'un droit estimé aujourd'hui inaliénable. Et il ne faut pas oublier que la caractéristique principale de la dictature est la censure.

vendredi 1 janvier 2010

L'art au XXe siècle





























En ce premier janvier 2010, comme chaque année, le maître mot des media est le terme "rétrospective". Pour marquer le coup, je vous offre un voyage dans le temps afin de faire le point sur l'évolution de l'art durant un siècle très riche en émotions: the XXth century!
Le XIXe siècle s'achève sur l'impressionisme et les prémices du surréalisme, grâce à des peintres novateurs tels Klimt.
Ce dernier mouvement va connaître son développement et son apogée durant la première moitié du XXe siècle, notamment suite à l'avénement de la psychanalyse et de l'interprétation des rêves. Ainsi, les recherches de l'éminent psychanalyste Sigmund Freud vont influencer des auteurs tels André Breton, et des peintres tels Salvador Dali.
Mais ce courant n'est pas le seul à se démarquer de l'impressionisme. Ainsi, par exemple, Vassily Kandinsky compose ses oeuvres exclusivement à base de figures géométriques.
Un peu plus tard dans le siècle, cette idée de géometrie artistique sera reprise et différemment exploitée par Pablo Picasso, père fondateur du cubisme, qui utilise ce procédé pour créer des portraits et paysages distordus, exacerbant tantôt la souffrance causée par la guerre ou la perte d'êtres chers, tantôt la technicité de l'anatomie humaine.
Mais les portraits dits "classiques" ne sont pas totalement jettés aux oubliettes pour autant! la peintre mexicaine Frida Kahlo reste fidèle à la pratique de l'autoportrait, à la différence qu'elle se met en scène de façon très symbolique, parfois pour exprimer la souffrance qu'elle a enduré suite à son opération de la jambe, parfois pour exprimer son désir de changements dans son existence. Ainsi, ce courant expressioniste se démarque tout autant de l'impresionisme, puisqu'il représente l'état mental de l'auteur et non son environnement. Le peintre devient narrateur interne, et non plus externe.
La photographie, quant à elle, connaît son âge d'or grâce au progrès technique et à l'expansion des medias.

Après la seconde guerre mondiale et l'émergence de la société de consommation, les choses changent considérablement.
En effet, l'invention de la télévision et de la publicité ouvre une ère où la vie quotidienne est placée au premier plan. Ainsi, dans le mouvement pop art, érigé par des artistes tels Andy Warhol,Mimmo Rotella ou encore Richard Hamilton, ce sont les "stars" et les produits de consommation qui sont mis au premier plan. Dans le même courant, certains artistes puisent leur inspiration dans le monde de la bande dessinée, née durant cette période et emblème de la culture de masse. Ainsi, par exemple, Roy Liechtenstien met en scène des couples sous forme de vignettes, et dessinés de façon très graphique, avec une dominante de couleurs vives telles le jaune ou le rouge, comme les célèbres héros Marvel.

Aujourd'hui, aucun véritable courant ne semble émerger réellement au niveau peinture. Les innovations sont à chercher du côté de l'architecture, avec des artistes tels l'irakienne Zaha Hadid, au style épuré, futuriste et très géométrique, tantôt courbé, tantôt anguleux.
Quant à la photographie, il faut fouiller dans la mode ( je vous concocte un petit article sur le sujet), et dans la photographie engagée, avec une profusion de clichés dénonçant la famine en Afrique et la dégradation de l'environnement.
Ensuite, nous avons les pseudos artistes qui enferment leurs excréments dans des bocaux ou filment leurs chiens en train d'agoniser. Va t'on les laisser devenir les ambassadeurs de "l'art" du XXIe siècle?
Images:"Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil" Dali/ ''Plusieurs cercles"Kandinsky/ "La femme qui pleure" Picasso/ "Roots" Frida Kahlo/ un collage de Mimmo Rotella/ "M Maybe" Roy Liechtenstein/ le Musée National de l'art du XXIe siècle de Rome, conçu par Zaha Hadid, qui ouvre ses portes en Mai 2010/ une photographie réalisée par Kevin Carter en 1993, parue dans le New York Times du 26 mars de la même année










lundi 28 décembre 2009

Quand l'art revisite l'Histoire



Je ne vous apprends rien, les grands noms de
l'Histoire fascinent. On a tous un personnage qui nous tient à cœur, pour une raison ou pour une autre, que l'on admire, ou que l'on aime détester. Il n'est donc pas étonnant que l'artiste aime revoir l'histoire en mêlant la réalité et sa propre "marque de fabrique". Ainsi, dans le monde de la musique, le chanteur du groupe Bonaparte aime porter une veste style Napoléonien avec une chapka (rappel de la campagne de l'Empereur en Russie?). En ce qui concerne le septième art, Sofia Coppola, dans son chef d'oeuvre de 2006 Marie Antoinette habille la dernière reine de France avec des robes très contemporaines couleur bonbons, lui offre des converses, et remplit le buffet royal de gourmandises signées Ladurée. Le tout sur une bande son très éclectique allant de Mozart aux Strokes en passant par Phoenix, Air, les Bow wow wows et Adam and the ants. Une révolution rock venant remplacer la révolution française? avouez que c'est quand même bien plus sympathique! Et que se passe t'il côté photographie? je vais vous le dire! Nous avons Erwin Olaf, merveilleux photographe de mode, qui revisite à sa façon la mort de diverses têtes couronnées telles Jules César, Marie Antoinette, Lady Diana, et Jeanne Seymour, la troisième femme du roi Henry VIII d'Angleterre. Ces mises en scène sont, comme à l'habitude de l'artiste, magnifiques, épurées, avec une dominante de blanc, donnant toute sa noblesse à l'oeuvre. Enfin, dans le monde de la mode, John Galliano revisite la redingote dans sa collection Automne/Hiver 2009 pour hommes, en y ajoutant, bien sûr, sa touche perso, comme la moustache fine semblable à la sienne ou le trench. Tout cela tombe très bien! Avec le projet du gouvernement de Nicolas Sarkozy de retirer l'Histoire du programme de la filière scientifique, les élèves pourront toujours réviser cette matière en lisant Vogue et Télérama! A bon entendeur!

Images: Défilé Galliano Automne/ hiver 2009 pour hommes/ Le groupe de rock Bonaparte/Marie Antoinette et Louis XVI devant un macbook ( c'est beau le technologie! merci Sofia Coppola!) / Mort de Lady Diana selon Erwin Olaf extrait de la série Royal Blood (remarquez le signe mercedes dans le bras de la tête couronnée)

dimanche 27 décembre 2009

L'art comme moyen de contestation








"La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements. C'est un instrument de guerre offensive contre l'ennemi." disait Pablo Picasso, auteur du célèbre tableau Guernica dénonçant les atrocités de la guerre. Ainsi, l'art a très souvent été utilisé comme moyen de contestation. Cette finalité a connu son apogée durant la seconde guerre mondiale, comme le démontrent de nombreuses oeuvres de nationalités diverses.
En France, le poète Louis Aragon s'est illustré dans ce courant par son recueil intitulé Le Crève-coeur, contenant des poèmes tels MXCXLVI (1946), traitant du bilan de la guerre par des métaphores plus qu'éloquantes telles "Ce monde est un palais à vendre/Encore habité par le feu/Comme au dessus le ciel est bleu/Les gens y vivent sans comprendre/Que la toiture en va descendre/ Car c'est une maison de cendres". Mais les vers les plus marquants de ce virtuose de la plume engagée restent ceux qui forment le poème "Strophes pour se souvenir" extrait du recueil Le Roman inachevé, et en particulier la dernière strophe: "Ils étaient vingt-et-trois quand les fusils fleurirent/ Vingt-et-trois qui donnaient leur coeur avant le temps/ Vingt-et-trois étrangers et nos frères pourtant/ Vingt-et-trois amoureux de vivre à en mourir/ Vingt-et-trois qui criaient la France en s'abattant."
Parlons maintenant photographie. Lors de la même période, Robert Doisneau, emmené en camp de travail forcé, contribua énormément à faire constater les horreurs de telles pratiques. Moins connus mais beaucoup plus polémiques, les photographes américains David E. Scherman et Lee Miller, chargés de faire un reportage dans la maison d'Adolf Hitler. Lors du tournage, le premier prend des clichés de la seconde prenant un bain dans la baignoire du Führer, comme pour se purifier de sa présence dans des lieux si sordides dans leur symbolique.
Ainsi, l'art peut se révéler aussi explicite que le plus vindicatif des discours. Mais parfois, et c'est surtout valable pour les happenings, l'artiste va trop loin. C'est par exemple le cas de Gina Pane, fervente militante féministe qui s'adonnait à des scarifications qu'elle mettait en scène sous forme d'happenings. Ainsi, dans son oeuvre "triple autoportrait", elle dénonçe l'image de la femme dans les années 60-70 (sa période) en s'entaillant les doigts devant un écran montrant une femme se mettant du vernis, illustre les souffrances de l'enfantement en s'allongeant sur des bougies allumées, et enfin, dénonce les dictats de la mode en s'entaillant le visage devant un miroir. Dans un autre registre, nous avons les militants de la PETA, qui s'amusent à s'enrouler dans du cellophane pour dénoncer la consommation de viande... (!)
Bon, pas besoin de faire des happenings pour dépasser les bornes des limites... regardez Andres Serrano et son oeuvre Piss Christ, où il représente le Christ noyé dans un liquide assez suspect... (que certains pensent être un subtil mélange d'urine et de sang de porc...miam...) Je veux bien qu'on tienne à sa liberté d'expression, mais de là à faire un tel affront à la religion, et de façon gratuite, sans but précis... je ne vois vraiment pas l'utilité...
En conclusion, l'art peut être un excellent moyen d'exprimer sa désapprobation et contester un fait que l'on trouve choquant. Mais trop de contestation tue l'art et devient violence.
Images: "Amour et barbelés" Robert Doisneau/ un happening PETA/ Lee Miller dans la baignoire d'Adolf Hitler photographie de David E. Scherman/ "Piss Christ" Andres Serrano

samedi 26 décembre 2009

Gustav Klimt
















Comment faire un blog sur l'art sans parler un tant soit peu de peinture?? Et pour cela, je vous parlerai d'un homme qui voit la vie en or: Gustav Klimt!
Cet artiste Autrichien a vécu durant la seconde moitié du XIXe siècle, et s'est démarqué par son style unique et inimitable. En effet, a cheval sur la période impressioniste et surréaliste, il a su tirer profit du meilleur de ces deux courants pour créer une véritable quintessence artistique à base d'une large palette regroupant toutes les nuances et teintes du doré, qu'il mêla à un dessin précis et s'inspirant de la réalité, notamment grâce aux modèles et célebrités venant poser pour lui. L'exemple le plus fameux de ces femmes est Adèle Bloch-Bauer, dont le portrait figure parmi les oeuvres les plus chères du monde.
L'oeuvre de Gustav Klimt est très axée sur la sexualité, le cycle de la vie, l'amour etc. La femme y est également souvent représentée comme étant dominatrice et fatale. Cette dernière caractéristique peut être rapprochée de la littérature de l'époque, notamment le recueil de poèmes Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire (cf: Les métamorphoses du vampire).Bon... trêve d'étalage culturel, je vous laisse admirer!
Images: Le baiser/les trois âges de la femme/l'arbre de vie/ Adèle Bloch-Bauer/ Judith