jeudi 24 juin 2010

Quand la musique influence la mode

Comme le dit Karl Lagerfeld dans son duo avec les SALM, "je trouve que mode et musique,



Pas parce que ça commence tous les deux par un "M", C'est des choses qui vont très très bien ensemble". Et notre empereur de la mode est très loin d'avoir tort! Depuis le début de la société de consommation et de la démocratisation de la culture, les jeunes s'habillent à l'image de leurs idoles. Et l'industrie du textile l'a bien compris! Je vous propose d'analyser le phénomène à travers six exemples assez représentatifs, et couvrant plusieurs styles. On aura bien évidemment les monuments que sont Madonna et Michael Jackson, mais aussi des rockeurs qui ont lancé la mode malgré eux, les sex pistols. Plus récent, j'aborderai le revival du rock anglais, plus proche du Londres des 60's et du NY de la fin de la même décennie que de la brit pop des 90's, orchestré par les Libertines. Niveau plus street culture, on a la démocratisation du hip hop fluo par Kid Cudi. Enfin, plus osé et excentrique, comment ne pas évoquer Lady Gaga?

Petit bond dans le temps, du genre celui que fait Carrie Bradshaw au début de sex and the city 2. (Oui... paie ta référence d'inculte...) On est en plein dans les 80's. Les ondes radio chantent à longueur de journée "Like a virgin! Touched for the very first time! Like a virgin, when your heart beats, next to mine!" Une future icône prend son essor, il s'agit de Madonna of course! Souvenez vous, les mitaines en résille, les robes courtes sur des leggings assortis, le tout surmonté de bijoux dignes de Barbie. Le look est kitsh, décalé, facile à copier, original, peu cher. Conséquences de tout cela? L'arrivée d'une ribambelle de minis Madonna dans les rues du monde entier. Un engouement (presque) jamais égalé, qui continue à inspirer, trois décennies plus tard. (j'ai toujours pensé que le look de Sandy à la fin de Grease était inspiré par Madonna)
Flashback dans les 80's pour Carrie Bradshaw

Vers la même époque, un jeune homme réussit aussi à monopoliser les antennes avec sa pop très inspirée par les grands de la soul et du funk. L'un des grands tubes de ses débuts? "Billie Jean is not my lover, she's just a girl who claims that I am the one!" He oui Michael! You are the one! The one who shook the world of pop! Et pas que le monde de la pop d'ailleurs. Michael, c'est le début de la veste d'offficier à paillettes (que réhabilitera Balmain en 2009), les derbies vernies, le gant (non, pas LES gantS. Le grand Jackson se contente d'un seul gant, à une seule main). Sans oublier le pantalon noir serré et arrivant juste au dessus des chevilles. Cet accoutrement va faire le tour de la planète,et être adopté par un grand nombre de marques de luxe qui le revisitent presque chaque année. Défilé Balmain 2009


All in all, les années 80 nous ont donné des perles niveau musiciens faisant la mode.

A l'opposé, et une dizaine d'années plus tôt, en UK, un look devint culte en cultivant la destruction, l'anti-conformisme et la contre culture. Lancé par la bande à Johnny Rotten et Sid Vicious, dans un monde changé par les trente glorieuses et le consumérisme de masse, les sex pistols révolutionnèrent les codes de la mode en les détournant et les tournant en dérision à coups de tartans, trous, épingles à nourrice, cheveux rouges, j'en passe et des meilleures. Mais bon... ici, la révolution fut orchestrée par la mode elle-même, puisque les sex pistols sont les petits protégés de Vivienne Westwood et son compagnon de l'époque, Malcolm Mclaren. Les deux amants avaient, depuis 1971, un magasin de musique et de vêtements appelé "sex", qu'une bande de jeunes fréquentait régulièrement. Le couple les prit sous son aile. Mclaren s'occupa de leur carrière musicale, Westwood de leur garde-robe. Ainsi naquirent les sex pistols. Le mouvement punk était prêt à bousculer les codes en vigueur.




Malcolm McLaren devant la boutique qu'il tenait avec Vivienne Westwood


Vivienne Westwood



Bon allez! Le voyage dans le passé est terminé! On grimpe tous dans la DeLorean du professeur Doc (retour vers le futur, ma culture cinématographique est très kitsh...), direction ces bonnes vieilles années 2000!

On commence par le début de la décennie, en Angleterre. Deux talentueux garçons, Pete Doherty et Carl Barat, fondent le groupe de rock européen le plus influent depuis Oasis, j'ai nommé les libertines! La fin des 90's avait enterré les instruments de musique à coup de boîtes à rythmes et de eminem, et la mort de Kurt Cobain avait plus ou moins rendu le rock à grosses guitares has been. Alors arrivèrent les superhéros roast-beef. Déblayant leurs influences clairement ancrées dans le rock anglais des 60's à la Beatles et Rolling Stones, ils réussirent à redonner ses gallons d'or au rock et aux riffs de guitare, laissant la voie libre à d'autres groupes donnant dans le revival du rock&roll. Mais souvent, ces successeurs puisent leurs références dans le NY de la fin des 60's ( le Velvet Underground et David Bowie), comme en témoignent les strokes et les kills notamment. Mesdemoiselles, vous devez remercier ce groupe d'exception que sont les libs. En effet, ils lancèrent le retour du dandy, mais en version trash. Slims skinny, vestes en cuir, derbies déglinguées, t-shirts ayant rendu l'âme... En somme, un style négligé, mais qui donne beaucoup d'allure.








Restons dans la mode des garçons, mais en version hip hop. En 2008, un talentueux jeune homme nous venant de Brooklyn, dans la banlieue de NY, revisite la culture propre à son style de musique en y insufflant des influences d'électro. Il s'agit de Kid Cudi, qui a connu la gloire grâce à un tube plus tard remixé par les Crookers, Day n' Nite. Grâce à lui, le style baggy ultra bas et sweat-shirts achetés à decathlon est enterré! A la place, pour être "in", il faut des pantalons droits ou larges, avec des baskets montantes fluo, et des sweats à fermeture éclair assortis aux chaussures ( type American Apparel quoi!). Attention, Kid Cudi n'a pas lancé cette tendance du hip-hop chic! D'autres l'ont fait avant lui (Lexicon, Kanye West, Spank Rock ou feadz par exemple). Mais c'est lui qui l'a démocratisée et l'a rendue "mainstream" ou "grand public". Et heureusement, cette tendance a encore de beaux jours devant elle. Un exemple. Souvenez vous du troisième album des kills. Vous savez, celui qui abrite THE hit rock de 2008, U R fever, he bah... figurez vous que Alison Mosshart et Jamie Hince ont fait appel au rappeur Spank Rock pour collaborer au mixage après être tombés sous le charme de son album yoyoyoyoyo.




Et enfin, gardons le plus révolutionnaire pour la fin, en terminant cet article par le look de Lady Gaga. Bon, au départ, rien de nouveau. Crinière peroxydée, lunettes oversize et maquillage extravagant, rien de très innovant en regardant les clips de just dance et poker face. Et puis arrivent ceux de Paparazzi et de Bad romance. Et là, c'est tout autre chose! Dans le premier, Stefani Joanne Angelina Germanotta nous sert une espèce de remake de la chorégraphie de Thriller de Michael Jackson, le tout dans des vêtements exubérants, voire immettables, sans doute siglés McQueen. Le second, à l'univers assez torturé, relate une histoire dans laquelle Gaga est kidnapée par un groupe de mannequins, avant d'être droguée et revendue à la mafia russe. Assez tordu n'est-ce pas? Encore ici, les vêtements sont invraisemblables. Par exemple, dans une scène, la jeune femme défile dans les fameuses chaussures Armadillo de McQueen, oeuvres que beaucoup de mannequins ont refusé de porter, les jugeant trop dangereuses. Je n'irai pas plus loin dans la discographie de l'artiste, ces deux exemples représentant à la perfection l'univers vestimentaire de la demoiselle: unique, futuriste, voire expérimental, original, extravagant, voyant.


Telephone


Lady Gaga portant les escarpins Armadillo de McQueen durant le clip de Bad Romance


paparazzi

lundi 14 juin 2010

Les contes de fées

Cette année, Louboutin met en avant les contes qui ont bercé notre enfance, grâce à une collaboration plutôt réussie avec la photographe Khuong Nguyen.La campagne revisite entre autres Cendrillon et sa chaussure de verre, la Petite Sirène et ses merveilles marines.



D'ailleurs, comme vu dans un précédent article, le Danemark met aussi ce dernier mythe sur un piédestal pour son cube de l'Exposition Universelle.
Dans un registre plus animalier, Castelbajac, quant à lui, s'inspire de Bambi, qu'il décline en robes, tuniques, et autres escarpins. Ces derniers sont d'ailleurs à se damner!


La danse non plus, n'est pas en reste dans le domaine du mélange mode et contes de fées. En effet, pour sa mise en scène chorégraphiée de Blanche Neige, Angelin Preljocaj fait appel au grand Jean-Paul Gaultier pour habiller ses danseurs! Mention spéciale au costume de la reine démoniaque, ultra sexy moulée dans sa robe échancrée noire et rouge.
Enfin... assez parlé de chiffons! Rassurez-vous, je ne suis pas une énième pâle copie de Garance Doré et autres fashion blogueuses.Cet intermède achevé, je vous propose de parler de tous ces contes de fées, et du message que l'on veut leur attribuer. Barbie, Warner Bros et Disney tentent de nous faire avaler que la vie est facile, qu'à chaque fille correspond un prince charmant, j'en passe et des meilleures. Mais est-ce vraiment cela que voulaient exprimer les Frères Grimm ou Hans Christian Andersen? Prenons l'exemple de ce dernier, que j'affectionne particulièrement. Sa version de la petite sirène est d'une beauté Baudelairienne. Une jeune femme renonce à sa vie pour celui qu'elle aime, mais qu'elle sait inaccessible. Après avoir tout tenté pour le conquérir, elle réalise que cela est impossible, et se change en écume. Un message d'espoir? Pas vraiment non... rien à voir avec la fin de Disney (Ariel obtient la bénédiction de son père et se marie avec Eric, et ils vécurent heureux et blablabla). Quant à la petite fille aux allumettes, c'est l'histoire d'une jeune fille qui se laisse mourir de froid. Un conte à rameuter toute la troupe des enfoirés à la rescousse en somme!
Et la belle au bois dormant? et Cendrillon? de belles histoires sur l'amour véritable? hum... selon "La Psychanalyse des Contes" de Bruno Bettelheim, il ne s'agirait ni plus ni moins que de la symbolique de la perte de la virginité. Les ronces et le siècle symbolisent l'attente de la jeune adolescente avant de passer à l'acte. La pantoufle de verre, quant à elle, désignerait "un soulier qui ne s’étire pas, sinon il pourrait convenir à d’autres jeunes filles, les demi-sœurs, par exemple. Ce n’est sans doute pas par hasard que Perrault a choisi des pantoufles de verre… Un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin." Ces deux fables sont en réalité des cours d'éducation sexuelle!

Quittons la culture Générale pour la culture Glandage. Aujourd'hui, en regardant Greek, une série que j'aime beaucoup, je fus frappée par la réflexion de Rebecca, l'un des personnages, au sujet de la belle au bois dormant: "Ce n'est que l'histoire d'une fille violée dans son sommeil et tombant enceinte". Et si les morales avec lesquelles on nous bassinait pendant l'enfance n'étaient que des mensonges démagogiques? Des utopies censées nous apprendre l'espérance et nous protéger de la désillusion? Après tout, ne dit-on pas que l'espoir fait vivre? Ainsi, il appartient à chacun de choisir d'entonner "un jour, mon prince viendra, un jour il m'emmènera" avec Blanche-Neige, ou "Cendrillon pour ses trente ans, est la plus triste des mamans, le prince charmant a foutu le camp avec la belle au bois dormant" avec Telephone.

dimanche 23 mai 2010

Expo universelle 2010 Shanghai

Cette année, la fameuse exposition,à l'origine de la création de chefs d'oeuvres et monuments nationaux tels la Tour Eiffel, a lieu, du 1 mai au 31 octobre, dans une des villes les plus en expansion : Shanghai. Le thème, voulant concilier prouesses artistiques et environnementales, se révèle captivant: ''Meilleure ville, meilleure vie''. Tout un programme en perspective! Ainsi, les pays participants devront édifier des constructions respectant l'environnement et les contraintes du développement durable, tout en reflétant la culture qui les caractérise, et en faisant preuve d'imagination et d'originalité. La tâche semble difficile, mais promet l'avènement de nombreuses techniques architecturales conciliant art et soucis environnementaux. La France a choisi de miser sur un voyage sensoriel dans une ''ville sensuelle'', sous l'égide de l'architecte Jacques Ferrier. Ce pavillon ''s'organise autour d'un jardin vertical enserré une résille de béton, le tout se reflétant dans un vaste bassin''. Et le voyage ne s'arrête pas là, puisque les frères Pourcel honoreront le sens du goût par leurs oeuvres culinaires. Le sens de l'ouïe ne sera pas en reste non plus, le chanteur Mathieu Chedid étant attendu pour y assurer un concert à l'occasion de la fête de la musique.
L'Allemagne, quant à elle, a pensé son pavillon autour de la thématique ''ville harmonieuse'', en présentant un complexe culturel aux lignes blanches, argentées et épurées, qui accueillera, entre autres, un opéra.
Dans un registre plus ethnique, la Namibie axe son oeuvre sur la diversité ''experiencing living diversity'', un éloge de la richesse de la faune et de la flore africaine.
Les Emirats arabes unis, quant a eux, ont décidé de se dépeindre sous les traits des dunes de sable en édifiant un dôme en forme de dune, autour de la phrase ''La dynamique du développement, le passé, le présent et le futur des Emirats Arabes Unis''.
L'un de mes coups de coeur est le pavillon nigérian. En effet, il s'articule autour du thème ''Maîtrise de la croissance urbaine et promotion du développement urbain'',et se subdivise en trois parties, que sont ''rythme de ville'', ''quintessence culturelle'' et ''vie dynamique'', montrant l'harmonie existant dans la culture nigérienne entre tradition et modernité, et présentant ce qui a enfanté la culture du pays: l'agriculture et l'élevage.
Enfin, le Danemark, contrée de Hans Christian Andersen, talentueux auteur de contes pour enfants, dont La Petite Sirène ou encore Le Briquet, fait honneur à son ressortissant en misant sur l'univers enfantin, autour de la devise ''La vie heureuse, l'eldorado féerique''. Le bâtiment se compose de deux trajectoires circulaires superposées au travers desquels défileront des légendes et contes populaires danois. Ce pavillon met l'accent sur l'aspect familial, en proposant des pistes de vélo, des endroits pour nager et barboter, et même des séances de pique-nique a base d'aliments organiques. Et, chose non négligeable, les autorités du pays ont même accepté de transférer la petite sirène du port de Copenhague en Chine pour la durée de l'exposition. Une oeuvre à surveiller de très près.
Les grandes vacances approchant à grands pas, je voulais vous montrer des pavillons sentant bon les palais orientaux, aux ambiances feutrées de mille et une nuits, et autres senteurs de safran. Malheureusement, les pavillon égyptien et marocain ne sont pas encore prêts. Mais patience! Cela ne saurait tarder!

vendredi 5 mars 2010

Man Ray








Je voulais créer cet article il y a assez longtemps à vrai dire... Mais le sujet, à force de trotter dans ma tête, s'est un peu égaré en chemin...
Né le 27 août 1890 à Philadelphie, Man Ray,
initialement du courant dada, est devenu, après avoir quitté New York pour Paris, l'un des peintres incontournables du
courant surréaliste. Mais
paradoxalement, il n'a jamais été accepté par ses pairs. En effet, préférant l'aspect ludique des expérimentations artistiques, il a toujours refusé de se plier aux rigides exigences scientifiques définies dans le Manifeste du Surréalisme d'André Breton.
Man Ray s'est distingué par l'utilisation du surréalisme dans trois optiques. La première est de montrer a quel point un léger détail peut écarter du réel ( comme c'est le cas de la transformation du dos de sa compagne Kiki de Montparnasse en violon dans
le
tableau Le violon d'Ingres), la seconde est de figer un instant de la vie quotidienne esthétiquement intéressant ( comme en témoigne la scène du jeu d'ombres et de lumières causés par un rayon de soleil sur le sein de Kiki de Montparnasse dans le film du photographe ''retour a la raison''), et, enfin, la troisième utilisation du surréalisme faite par Man Ray est de juxtaposer plusieurs ombres afin de créer une oeuvre totalement abstraite ( la rayographie du baiser).
Ainsi, on voit que Man Ray a su tirer profit du principe même du surréalisme, qui est de modifier la réalité de manière à la rendre quasi-méconnaissable, afin d'en dégager un style propre et unique.
Néammoins, la révolution Man Ray ne s'arrête pas là. En effet, il fut l'un des premiers artistes à se lancer dans le cinéma et la réalisation de long métrages, pratique qui sera par la suite tres répandue , avec des artistes-réalisateurs aussi importants qu'Andy Warhol.

Aujourd'hui encore, l'empreinte du surréalisme est très prononcée dans différents domaines de l'art tels la peinture, avec des plasticiens tels Dominique Paul, mais aussi le cinéma, avec le long métrage The Wall du groupe Pink Floyd ou encore le moyen métrage The Grandmother de l'innovant maître de la caméra David Lynch.

images: Portrait de Kiki de Montparnasse ''Le Violon d'Ingres''/Man Ray (à droite) en compagnie de Salvador Dali/extrait du film ''retour à la raison''/photographie ''Larmes''/ Portrait de Kiki de Montparnasse ''Noire et blanche''

lundi 25 janvier 2010

Faut il limiter la liberté d'expression?

En ce mois de janvier 2010, j'arrive au point de me dire que U2 aurait pu chanter january, bloody january! Pour commencer, le dessinateur Kurt Westergaard, auteur des caricatures du prophète Mahomet en 2004, est victime d'une tentative d'assassinat, et, sur le réseau facebook, les remontrances à l'encontre d'un certain groupe humoristique font parfois froid dans le dos... Donc, je me suis dit qu'une réflexion sur le sujet illustrée par l'art ne serait pas de trop!
Tout d'abord, rappelons nous à quel point la censure fut l'ennemie de la création. En effet, dans le domaine de la littérature, où cet effet est le plus constatable, le merveilleux recueil de poèmes Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire fut maintes fois soumis à la censure de l'empereur Napoléon III, et ne fut publié qu'à titre posthume.

Un siècle plus tard, le problème n'est toujours pas résolu, et Vladimir Nabokov continue à choquer l'opinion bien pensante dans son roman Lolita, où il aborde la question de la pédophilie du point de vue de l'auteur du crime.



Et dans notre société actuelle, il semblerait qu'internet ait ouvert une voie royale au renouveau des autodafés. Jugez en par vous même, un site de vente a supprimé la version électronique du livre 1984 de George Orwell de ses plateformes de téléchargement... sympathique...




Néammoins, les partisans de la limitation de la liberté d'expression trouvent pas mal d'arguments méritant d'être soulignés. D'abord, d'un point de vue légal, l'article 6 du Code civil en France dispose que nul ne peut porter atteinte aux bonnes moeurs, notion évoluant avec la société. Cet article peut être utilisé comme argument pour la limitation de la liberté d'expression si les propos tenus sont trop choquants.
Aux Etats Unis, la liberté d'expression est constitutionellement protégée par le 1e amendement, qui offre une protection absolue. Cependant, il faut souligner le fait que cet amendement est très souven baffoué, la censure sévissant de façon assez considérable dans certains états.
Ensuite, d'un point de vue plus subjectif, certaines oeuvres peuvent suggérer des pratiques que la société estime abjectes telles la pédophilie(Brooke Shields photographiée par Garry Gross)...




... ou la zoophilie(Angelina Jolie photographiée par David Lachapelle).






Mais peut-on condamner la suggestion à pures fins de provocation par l'art? certains diront que oui, d'autres penseront que la provocation est une forme d'expression comme une autre, voire même un moyen de contestation qui a largement fait ses preuves. Le débat ne sera pas fini de si tôt.
L'humour noir est également une cible privilégiée des détracteurs de la liberté d'expression, comme en atteste le procès intenté contre le magazine Charlie Hebdo pour la publication des caricatures de Mahomet réalisées par K. Westergaard.



Ces oeuvres ont fait couler beaucoup d'encre car elles tournent en dérision un sujet dont il est "tabou" de rire: la religion. Cependant, comme le soulignait l'avocat du magazine, Philippe Val, "Il s'agit d'un combat d'idées qui, en aucun cas, exprime un mépris quelconque pour une foi quelconque. On a inventé la démocratie pour qu'il y aie un débat. Lorsque la religion devient une idéologie comme une autre, elle doit pouvoir être critiquée." Ce même problème de détournement de la religion a été souligné par une campagne de publicité pour la grande enseigne Benetton photographiée par Toscani, montrant une bonne soeur embrassant un curé.


Plus "trash", la série de photographies submission de Theo Van Gogh met en scène des femmes voilées et dénudées, au dos flagellé. Cette série coûta la vie à son auteur. Mais ici, l'oeuvre peut être considérée comme repoussant les limites de la tolérance. Et au premier abord, il est fort possible de penser cela. Mais dans une seconde lecture, on peut interpréter ces oeuvres comme une dénonciation du fanatisme religieux, valable pour toutes les religions. Et la dénonciation par le choc est la plus efficace, comme en témoigne la campagne de publicité pour la marque italienne nolita, ayant pour thème la condamnation de l'anorexie, montrant Isabelle Caro nue, prise en photographie par Toscani.Mais les choses se corsent quand le but de l'artiste n'est ni la dénonciation, ni l'humour, ni la provocation. Ainsi, que penser des oeuvres du Marquis de Sade, qui a passé le plus clair de son temps en prison pour atteinte aux bonnes moeurs? Son oeuvre "La philosophie dans le boudoir" se résume à 200 pages de sexe, son roman Justine ou les infortunes de la vertu se rit su viol, et son ouvrage Les 120 jours de Sodome met en scène des actes de torture et de barbarie. Et nous savons tous que Sade pense tout ce qu'il écrit. Là, on se dit que mince... certaines positions ne sont pas défendables, pourquoi leur accorder la liberté d'expression?
Je suis d'accord, les opinions de Sade sont indéfendables... mais doit-on pour autant brûler ses livres et coller une amende à quiconque les lirait? !
Ce ne serait pas très juste envers les nombreux Hommes qui ont donné leur réputation, voire même leur vie, pour pouvoir jouir d'un droit estimé aujourd'hui inaliénable. Et il ne faut pas oublier que la caractéristique principale de la dictature est la censure.

vendredi 1 janvier 2010

L'art au XXe siècle





























En ce premier janvier 2010, comme chaque année, le maître mot des media est le terme "rétrospective". Pour marquer le coup, je vous offre un voyage dans le temps afin de faire le point sur l'évolution de l'art durant un siècle très riche en émotions: the XXth century!
Le XIXe siècle s'achève sur l'impressionisme et les prémices du surréalisme, grâce à des peintres novateurs tels Klimt.
Ce dernier mouvement va connaître son développement et son apogée durant la première moitié du XXe siècle, notamment suite à l'avénement de la psychanalyse et de l'interprétation des rêves. Ainsi, les recherches de l'éminent psychanalyste Sigmund Freud vont influencer des auteurs tels André Breton, et des peintres tels Salvador Dali.
Mais ce courant n'est pas le seul à se démarquer de l'impressionisme. Ainsi, par exemple, Vassily Kandinsky compose ses oeuvres exclusivement à base de figures géométriques.
Un peu plus tard dans le siècle, cette idée de géometrie artistique sera reprise et différemment exploitée par Pablo Picasso, père fondateur du cubisme, qui utilise ce procédé pour créer des portraits et paysages distordus, exacerbant tantôt la souffrance causée par la guerre ou la perte d'êtres chers, tantôt la technicité de l'anatomie humaine.
Mais les portraits dits "classiques" ne sont pas totalement jettés aux oubliettes pour autant! la peintre mexicaine Frida Kahlo reste fidèle à la pratique de l'autoportrait, à la différence qu'elle se met en scène de façon très symbolique, parfois pour exprimer la souffrance qu'elle a enduré suite à son opération de la jambe, parfois pour exprimer son désir de changements dans son existence. Ainsi, ce courant expressioniste se démarque tout autant de l'impresionisme, puisqu'il représente l'état mental de l'auteur et non son environnement. Le peintre devient narrateur interne, et non plus externe.
La photographie, quant à elle, connaît son âge d'or grâce au progrès technique et à l'expansion des medias.

Après la seconde guerre mondiale et l'émergence de la société de consommation, les choses changent considérablement.
En effet, l'invention de la télévision et de la publicité ouvre une ère où la vie quotidienne est placée au premier plan. Ainsi, dans le mouvement pop art, érigé par des artistes tels Andy Warhol,Mimmo Rotella ou encore Richard Hamilton, ce sont les "stars" et les produits de consommation qui sont mis au premier plan. Dans le même courant, certains artistes puisent leur inspiration dans le monde de la bande dessinée, née durant cette période et emblème de la culture de masse. Ainsi, par exemple, Roy Liechtenstien met en scène des couples sous forme de vignettes, et dessinés de façon très graphique, avec une dominante de couleurs vives telles le jaune ou le rouge, comme les célèbres héros Marvel.

Aujourd'hui, aucun véritable courant ne semble émerger réellement au niveau peinture. Les innovations sont à chercher du côté de l'architecture, avec des artistes tels l'irakienne Zaha Hadid, au style épuré, futuriste et très géométrique, tantôt courbé, tantôt anguleux.
Quant à la photographie, il faut fouiller dans la mode ( je vous concocte un petit article sur le sujet), et dans la photographie engagée, avec une profusion de clichés dénonçant la famine en Afrique et la dégradation de l'environnement.
Ensuite, nous avons les pseudos artistes qui enferment leurs excréments dans des bocaux ou filment leurs chiens en train d'agoniser. Va t'on les laisser devenir les ambassadeurs de "l'art" du XXIe siècle?
Images:"Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade une seconde avant l'éveil" Dali/ ''Plusieurs cercles"Kandinsky/ "La femme qui pleure" Picasso/ "Roots" Frida Kahlo/ un collage de Mimmo Rotella/ "M Maybe" Roy Liechtenstein/ le Musée National de l'art du XXIe siècle de Rome, conçu par Zaha Hadid, qui ouvre ses portes en Mai 2010/ une photographie réalisée par Kevin Carter en 1993, parue dans le New York Times du 26 mars de la même année